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Éric Suchère …un autre mois…

Je suis né le 25 octobre 1967. Depuis le mois d’octobre 1997, j’envoie, chaque mois, un multiple sous la forme d’une carte postale à un nombre fixe de correspondants. Ce projet, commencé le jour de mes trente ans, devrait s’achever en 2028 après mes soixante ans. Il sera, alors, constitué de 365 textes. Ce site est mis à jour le 25 de chaque mois.

N° 254 (décembre 2018), Puis rien

La pendule de bronze sur le dessus de la cheminée, fleur rouge sur le bord de nappe d’un blanc bleuté, reflets des figures dans la porte vitrée, moulures rose doré des boiseries de la porte, reflets très légers sur parquet ciré sombre, brume nappant le vert des collines alentour, sinon bleu et rose pâle, les trois fleurs à l’avant, sinon l’entrebâillement d’une porte et les herbes hautes, le jour dans un miroir, les cyprès et terre rouge, les vitraux blancs d’église, reflets des maisons dans l’eau morte, pièce sans meuble et neige et quelques lignes d’arbres dénudés… Reprise : le bord de la main contre le visage en le dissimulant, les bras contre le corps dans la lecture assise, les doigts rentrés à l’exception du pouce dans l’échancrure du manteau, l’index légèrement plié sur la poignée de porte, la main gauche derrière la taille et vient toucher le creux du coude du bras droit, le revers de la main appuyée dans le bas du dos, l’index levé contre lèvres qui intime au silence, les mains jointes sous le menton et la tête posée, le cou tendu et le menton levé, le bras passant au dessus de la tête pour que la main tienne les cheveux en arrière, index et auriculaire levés tandis que majeur et annulaire tirent sur un voile, joue contre joue et l’une les yeux fermés, main tenant par-dessous une flûte cristalline, bras plié et la main allant vers ou une main sur la hanche et l’autre bien pendante puis rien dans le partage en deux tonalités ou dans la trop grande proximité de l’objet venant en avant-plan ou dans la fixité de la figure au seuil ou la frontalité de l’espace cadré ou la symétrie infléchie légèrement ou les figures absentes à elles-mêmes et aux autres ou la contre-plongée imposante du corps ou le regard d’ennui qui fixe longuement ou bien celui de haut dans le geste effectué ou la pose en double de part en un presque miroir ou la délicatesse dans l’espace encombré ou le troublé amoureux dans toute l’ambiguïté ou une mise en scène d’une mystique privée quand tout autant à la gestuelle donnée d’un symbolisme obscur ou la solennité dans la dramaturgie à ce qui ne dit rien.