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Éric Suchère …un autre mois…

Je suis né le 25 octobre 1967. Depuis le mois d’octobre 1997, j’envoie, chaque mois, un multiple sous la forme d’une carte postale à un nombre fixe de correspondants. Ce projet, commencé le jour de mes trente ans, devrait s’achever en 2028 après mes soixante ans. Il sera, alors, constitué de 365 textes. Ce site est mis à jour le 25 de chaque mois.

N° 244 (janvier 2018), Pour que ne finisse

Et, finalement, au son de la fin, est déjà fini, ne reste plus qu’à finir en ce jour qui ment jusqu’au dernier soupir, a déjà expiré et était ensuite un temps qui finit aussi, disant ces années sont pour toujours et celles passées avant jamais plus, même s’il avait été, si encore, comme temps passe et ravage, sans fin, si nous nous sommes encore avant ou après ou pendant, à peine un peu, le temps à peine, dans la vie à vivre qui, ensuite, s’abrège,  d’une vie dont ne reste que et ce qui reste et souvent n’est pas vrai mais est mieux que rien et si, peut mentir, dépose pour que demeure là où sera tant que cela continuera. Et toi, toi qui m’écoutes, tu seras la partie que tu auras faite, après que la fin, seulement, ait donné un sens au parcours, est ce qui a été fait, qui devrait être fait, est cette interruption, quand on ne peut pas rester et passe, passe encore un jour, et un autre qui passe comme s’il restait et est cet oubli, comme si s’en aller n’était que ceci, comme si le dire était plus vrai encore que de ne pas le dire et que ce qui est est ce qui, désormais, a été. Pense au jour, en pensant à te fermer les yeux, tant qu’il y a de la lumière, pense que tu veux penser, jusqu’à cette obscurité puis jusqu’à la lumière, enfin, qui disparaît, comme si cela pouvait rester et puis oublie ce qui s’éteint. Il n’y a que ce départ à dire, seulement le mouvement vers, la part de temps qui finit ici, chaque part qui finit maintenant, ici, à la fin d’une vie, pour apaiser l’ombre, et qu’elle reste ensuite, et qu’elle reste encore, ne se taise plus maintenant, pour rester encore, si tu ne partais pas et serait ce lieu ci, ne serait pas ailleurs, tant que reste encore et encore et toujours dit qu’il n’y a rien sinon ici, que c’est ici que nous sommes et que nous resterons, pense à ce qui restera, à tout ce qui restera jusqu’à ce que finisse cet après, pour que ce soit cela et que ce soit parce que cela doit être, ainsi, tant que cela reste, pour que ce rien ne reste, et c’est ainsi que finit, laissant une autre trace qui n’existe que pour revenir et est l’ombre du partir, loin, jusqu’au jamais plus, comme avant, comme après, jusqu’à ce que revienne, pendant que comme maintenant, pendant que comme après, jusqu’à ce que ce ne soit que cela. Et pense au tremblement, et au noir, ce noir qui ne finira rien, comme si ne finissait pas ici, comme si ne finissait pas, et ne finissait plus, pense comme si après n’était pas, que ce qui est immobile reste dans la lumière, et ne s’en va pas, est ce qui reste, afin que passe encore ce jour aussi et que ce soit cela.