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Éric Suchère …un autre mois…

Je suis né le 25 octobre 1967. Depuis le mois d’octobre 1997, j’envoie, chaque mois, un multiple sous la forme d’une carte postale à un nombre fixe de correspondants. Ce projet, commencé le jour de mes trente ans, devrait s’achever en 2028 après mes soixante ans. Il sera, alors, constitué de 365 textes. Ce site est mis à jour le 25 de chaque mois.

N° 238 (juillet 2017), Vie

Le soleil sur le fleuve, la main sur mon épaule, nos caresses dans la plaine, un envol de pigeons, l’histoire, la suite, le chaos, le néant et la stupeur, la campagne au ciel sobre, l’enfance, l’apprentissage, l’arrivée, les polémiques, l’air, le scepticisme mis en œuvre, un trouble nouveau, un grenier, une vision, les arrêts, une révélation, une épreuve, les tentures du côté du jardin, tous les sons dans une nouvelle harmonie – tête se détourne, se retourne, change –, à commencer par le temps, sa substance, l’arrivée, le corps, la première fois, les rires enfantins, une promesse à nos corps, l’élégance et la violence, l’ombre de l’arbre, notre amour, les parfums, l’austérité des figures et des objets, le souvenir de la méthode, notre vie tout entière et les jours dans un monde réduit à, le luxe inouï de tous les souvenirs, l’amour, une voix unique, une matinée couverte, un goût de cendres et une odeur de bois, les fleurs, les promenades, la bruine dans les champs, les clochers, les fenêtres, l’étang dans le couchant, les frondaisons, un feu rose de nuages – me tourne du côté de l’ombre –, dans le temps couvert et le vent du Sud, les odeurs du jardin et des prés desséchés, la flaque laissée par l’inondation du mois précédent, un sentier, dans les chemins, le ciel, les ombrages, les désespoirs d’été, une image de ciels gris, des ponts, des figures se renouvelant, les rives, les signaux, les parapets, l’eau grise et bleue et large comme un bras de mer, un rayon blanc, l’ombre des bois et la boue, l’aube d’été et les feuilles, les vapeurs et les bruits, les talus dans l’ombre et les ornières de la route humide, une brise dans le sommeil et mes moindres mouvements dans le ciel immanquablement bleu.