Serait un vouloir dormir, ne pas bouger, rester, restant, dans la dépression climatique. Serait une demande, me demandant, les raisons d’être ici, les difficultés à prendre des décisions. Serait un battement de cœur rapide, fort, résonnant, une décision finale, un soulagement, de tout cela plus toutes les petites choses annexes. Serait énumérer les choses, les rencontres et croisements, les regardant alors, deux femmes aux voix fortes ou des gens qui ne regardent pas, lisent, écoutent mais – répète –, ne regardent pas. Serait : heurter, réagir violemment, tapant sur la barre de métal avec le poing fermé en regardant les formes parfaites – les regardant. Serait le sandwich qui s’effrite entre les mains, les morceaux qui tombent sur les vêtements, les sourires de moquerie. Serait une reprise, la femme avec un chien qui sort en même temps, l’homme qui porte deux casques de chantier et un foulard sur la bouche et qui jette une cigarette à une femme à quelques mètres. Serait une trisomique qui monte les marches, caresse lentement le dos de cette femme en regardant, de temps à autre, le geste qu’elle effectue. Serait le bruit spécifique d’un avertisseur pour aveugles, un homme avec une prothèse, une jeune asiatique à la tenue provocante, une femme avec un enfant qui regarde, l’entrecuisse d’une femme, une femme qui ne cesse de, un jeune homme qui va pour prendre le bus et se ravise, un clochard en haut d’un escalator, une attente longue, une apostrophe lointaine, une élégance, un endormissement, un réveil aux anxiétés, une envie de se dégager, une crise et toutes les vibrations corporelles. Serait rester, regarder, les ombres sur l’eau, le sentiment diffus du malaise, les demandes, un retour et puis rien.