1. Des stipes fragiles de mots, souples et flexibles, ondulent, prennent toutes les nuances et couleurs autour à reflets multiples, reprennent leurs formes après chaque passage. 2. Jette dans l’eau bleue fixée, rentre dans une zone de turbulences, retourne les mots dans la bouche, compile dans un fichier corrompu des ressemblances fortuites et des analogies. 3. Mesure la phrase, subdivise-la en formants acoustiques incolores, laisse-les remplir intégralement la mémoire, regarde-les ne laisser aucun espace et aucun interstice possibles. 4. La couleur, comme indépendante des objets, fait tache d’huile, forme un phénomène sans contours, se contracte et se projette en une phrase qui ne contient plus aucun résidu. 5. La respiration ténue comme bruit blanc à l’autre bout du combiné contient toutes les informations possibles, fait coïncider la forme des lettres avec le son des mots que prononce. 6. Les bruits d’oiseaux et bourdonnement d’insectes modélisent exactement le volume des espaces sur lesquels on s’imaginerait écrire le nombre exact de mots d’une phrase évaporée. 7. Les contextes diluent toutes les significations, donnent le sentiment d’une phrase métalliquement nulle, d’une pensée absurde de rien rendue par une absence totale de couleurs. 8. Les mots ne s’attachent plus aux objets, permutent, effectuent une glissade en chute libre, s’immobilisent en cours de route, convertissent les éléments du réel mais restent en permanence vrais. 9. Une phrase existe derrière le frémissement des feuilles et de leurs ombres au sol, se révèle en multiples plans acoustiques se recouvrant et se découvrant en même temps que s’estompent.